Article 7 - El Hajj Malik El Shabazz

Article 7 - El Hajj Malik El Shabazz
El Hajj Malik El Shabazz

Elijah Faux-Prophète ?

À partir du début des années 1960, des rumeurs courraient depuis
quelques temps sur les nombreux adultères commis par Elijah
Muhammad avec de jeunes secrétaires du mouvement. Warith Deen
Muhammad, le propre fils d'Elijah, et un ami proche de X, informa ce
dernier que « son père Elijah avait mis enceinte six de ses secrétaires ».
L'adultère est totalement contraire aux enseignements de Nation of Islam.
Après avoir écarté ces informations, Malcolm X aurait fini par en obtenir
confirmation en 1963. Elijah lui-même aurait fini par indiquer qu'étant
l'envoyé de Dieu sur terre, il n'était pas soumis aux même règles que le
commun des mortels, et expliquant que cette activité avait pour but de suivre
la lignée des prophètes bibliques. Malcolm note qu'il ne fut pas satisfait par
l'explication, mais que sa foi en Elijah Muhammad ne vacilla pas. Il dit aussi
qu'il était navré de voir d'autres prêcheurs faire un usage personnel des dons.


Différences d'opinion

Le second sujet de divergence porte sur la politique : Malcolm X était intéressé
par le mouvement pour les droits civiques des Noirs tels qu'il se développait
depuis 1955 avec M.L.K etc. Si l'idéologie officielle du mouvement était opposée
au nationalisme noir, et revendiquait simplement un statut d'américain normal
pour les Noirs, X considérait qu'il devait y avoir une présence des nationalistes
noirs et des black muslims dans ce qui apparaissait comme le premier grand
mouvement de masse noir de l'histoire des États-Unis. Elijah Muhammad était en
revanche hostile à la fin de la ségrégation raciale et au soutien à un mouvement
dans lequel se trouvaient de nombreux blancs progressistes. Il craignait la dissolution
des Noirs dans un ensemble américain dominé par les Blancs.Conformément à la
position officielle de la Nation, Malcolm critiqua la Marche sur Washington du 28 août
1963, ne comprenant pas pourquoi les Noirs s'ébahissaient d'une manifestation «
menée par les Blancs devant une statue d'un président mort depuis cent ans et qui ne
nous aimait pas lorsqu'il était en vie », mais la tentation d'un rapprochement avec les
autres organisations noires semble avoir été forte, et un point de divergence avec Elijah.


Eloignement de l'élève

Le troisième contentieux porte sur la religion : Malcolm X a commencé à s'intéresser
à l'islam sunnite officiel, semble-t-il sous l'influence du propre fils de Muhammad,
Warith Deen Muhammad, lequel indique qu'il s'était intéressé à l'islam orthodoxe
dès les années 1950, en prison. Or la religion prêchée par Elijah Muhammad en était
très éloignée. Malcolm s'y intéressa, ce qui marqua un écartement envers son mentor.
L'impact de Malcolm X au sein de la communauté noire en général et de Nation of Islam
en particulier, sa médiatisation importante, semblent avoir inquiété Elijah Muhammad.


Explosion des différends

En 1963, Malcolm commença à collaborer avec Alex Haley pour écrire son autobiographie.
En novembre 1963, après l'assassinat du président J. F. Kennedy, toutes les divergences
éclatèrent sur la place publique, après une déclaration controversée de X. Celui-ci déclara
en effet que la violence que Kennedy n'avait pas pu arrêter se retournait contre lui. Il ajouta
« les poulets revenant au poulailler ne me rendent jamais triste, ils me rendent seulement
heureux » - En français, Chickens coming home to roost a une signification proche de « qui
sème le vent récolte la tempête ». Cette phrase pouvait se comprendre comme une sorte
d'approbation de l'assassinat. Elijah interdit à X toute déclaration publique pendant 90 jours,
injonction à laquelle il obéit. Mais les relations entre les deux hommes atteignaient leur point
de rupture. Un des assistants de X aurait alors dit avoir reçu l'ordre de la N.o.I de le tuer.


Rupture

En 1964, il annonça officiellement qu'il quittait Nation of Islam. Il fit peser la responsabilité
de la rupture sur l'organisation : « Les Officiels nationaux ici au Siège de Chicago savent que
je n'ai jamais quitté Nation of Islam de ma propre initiative. Ce sont eux qui ont conspiré avec le
Capitaine Joseph ici à New York pour me forcer à quitter la Nation. Afin de sauver les Officiels
nationaux et Cne. Joseph de la disgrâce d'avoir à s'expliquer...de m'avoir évincé, j'ai annoncé par
voie de presse que j'étais parti de ma propre initiative. Je n'ai pas pris la faute sur moi pour protéger
ces Officiels nationaux, mais pour protéger la foi que vos fidèles ont en vous et en Nation of Islam.».
Il annonça ensuite la fondation de sa propre organisation religieuse, « The Muslim mosque inc. ».

Nouvelle voie

Il se convertit peu après à l'islam sunnite orthodoxe. Le 13 avril 1964, Malcolm X partit de
l'aéroport John Fitzgerald Kennedy pour faire le pèlerinage à la Mecque dont il revint sous le
nom musulman de Malik El-Shabazz. Son épouse et ses filles prirent le nom de Shabazz.
Il condamna le racisme anti-blanc de la N.o.I. Il écrivit ainsi à propos de son pèlerinage :
« Il y avait des dizaines de milliers de pèlerins, de partout dans le monde. Ils étaient de
toutes les couleurs, des blonds aux yeux bleus aux Africains à la peau noire. Mais nous
étions tous les participants d'un même rituel, montrant un esprit d'unité et de fraternité
que mes expériences en Amérique m'avaient mené à croire ne jamais pouvoir exister
entre les blancs et les non-blancs. L'Amérique doit comprendre l'Islam, parce que c'est
la seule religion qui efface de sa société le problème des races. ». Une lettre sublime.


Retour en force

Mais Malcolm X resta fidèle à une action tournée de façon privilégiée vers le peuple noir.
Il refusa aussi de condamner la violence des opprimés, et eut des paroles assez dures
pour les tenants de la non-violence, qu'il accusa d'encourager à la soumission. C'est ainsi
le cas dans son célèbre discours du 3 mai 1964, peu après son retour de la Mecque, The
Ballot or the Bullet, où il menace de recourir à la violence, et traite certains politiciens blancs
de crackers, un terme péjoratif anti-blanc. Dans le même discours, il déclare : « Si l'homme
blanc ne veut pas que nous soyons contre lui, qu'il cesse de nous opprimer, de nous exploiter
et de nous dégrader. Que nous [les noirs] soyons chrétiens, ou musulmans, ou nationalistes,
ou agnostiques, ou athées, nous devons d'abord apprendre à oublier nos différences. [...] Nous
allons être forcés d'employer le vote ou la balle. [...] Je ne me considère même pas comme un
américain. Je ne suis pas un Américain. Je suis l'une de 22 millions de personnes noires qui sont
les victimes de l'Américanisme [...] Il y aura des cocktails Molotov ce mois-ci, des grenades à
main le mois prochain, et autre chose le mois suivant. [...] Ce sera la liberté, ou ce sera la mort. »
Peu de temps après son retour de la Mecque, X fonda l'« organisation pour l'unité afro-américaine »,
un groupe politique non religieux. Il affirme ainsi sa volonté de mener à la fois une lutte religieuse
pour l'Islam, et une lutte politique pour les Noirs, les deux fonctionnement indépendamment.
Si Malcolm X rompt avec la NOI sur le plan religieux, il reste relativement fidèle aux idées socio-
économiques de l'organisation nationaliste noir - insistant notamment sur l'importance de l'existence
d'entreprises noires indépendantes des blancs et de l'auto-organisation de la communauté.

[...]

# Posté le dimanche 12 octobre 2008 05:03

Modifié le samedi 18 octobre 2008 05:57

Article 8 - Assassinat

Article 8 - Assassinat
Assassinat

Dernier Discours

La tension entre Malik El-Shabazz et Nation of Islam ne cessa de croître.
Le 14 février 1965, sa maison fut même l'objet d'un attentat à la bombe. 2
mois avant son assassinat, Louis Farrakhan avait écrit « un tel homme est
digne de mourir ». Le 21 février 1965, Malcolm X prononce un discours dans
le quartier de Harlem à New York, devant un auditoire de 400 personnes, où
sont présents son épouse et ses enfants. Le discours commence à peine
lorsqu'une dispute éclate dans la foule, un homme accusant un autre d'avoir
les mains dans ses poches. Malcolm, au micro, les incite au calme lorsqu'un
homme (membre des black muslims) s'avance vers lui avec un fusil à canon
scié; il touche au ventre Malcolm X, qui tombe en arrière, tandis que deux
autres personnes lui tirent 16 fois dessus avec des revolvers. Malcolm X
décède sur le coup. L'identité des commanditaires reste inconnue, même si
les soupçons se portent principalement sur la Nation de l'Islam, d'où plusieurs
agents du FBI infiltrés avaient appris l'existence d'un projet d'assassinat de X.


Quels coupables ?

Trois membres de Nation of Islam seront reconnus coupables en 1966 :
Norman 3X Butler, Thomas 15X Johnson et Talmadge Hayer. L'organisation
elle-même niera toute participation à l'assassinat. Betty Shabazz [l'épouse
de Malcolm ], qui est morte en 1997, a publiquement accusé Farrakhan d'un
rôle dans le meurtre. Celui-ci a admis au début 2007 « j'ai pu être complice
en mots », tout en niant une implication directe de l'organisation. En 1994,
Qubilah Shabazz, une des filles de Malcolm X sera arrêtée et inculpée pour
avoir payé un tueur à gage chargé de tuer Farrakhan, accusation abandonnée
en 1995. Il a également été envisagé que le FBI ait eu connaissance du projet
d'assassinat et l'ait couvert, voire aidé. Cette hypothèse a été reprise par la NoI.

[ Fin de la biographie ]

# Posté le dimanche 12 octobre 2008 06:45

Modifié le samedi 18 octobre 2008 05:58

Article 9 - La Famille et amis

Article 9 - La Famille et amis
Famille

Le 14 janvier 1958, Malcolm épousa Betty X à Lansing.
Ils eurent six filles, toutes portant le nom de Shabazz.
Leurs prénoms étaient : Attallah (16 novembre 1958 ),
Qubilah (25 décembre 1960), Ilyasah (22 juillet 1962),
Gamilah Lumumbah (4 décembre 1964) et les jumelles
Malaak et Malikah (nées le 30 septembre 1965, sept
mois après la tragique mort de leur père Malcolm X).


Amis

Mohammed Ali

Malcolm X jouera un rôle important dans la conversion du
boxeur Cassius Clay, qui rejoignit officiellement Nation
of Islam en 1964, et changea son nom pour celui Cassius X,
en l'honneur de Malcolm. Il est à noter que cette conversion
de Cassius Clay se fit à un moment où Malcolm X n'était pas
en très bons termes avec son organisation. Clay prendra
ensuite le nom de Muhammad Ali, et critiquera X pour sa
rupture avec la N.O.I, avant de suivre finalement son exemple.


Alex Haley

Une des plus célèbres interviews d'Alex Haley est celle de
Malcolm, précédant sa collaboration à l'autobiographie de
l'activiste. Plus tard, Haley rédigea l'Autobiographie de Malcolm
X, anonymement, publiée en 1965, et fondée sur des interviews
effectuées peu avant la mort de Malcolm. Le livre fut un grand
succès et fut cité par Time magazine comme l'un des dix plus
grands essais du XXe siècle, complet mais passionnant.

# Posté le jeudi 16 octobre 2008 08:47

Modifié le samedi 18 octobre 2008 05:59

Article 10 - Discours

Article 10 - Discours
Lettre pendant le pèlerinage.

" Jamais je n'ai connu d'hospitalité aussi sincère, de fraternité
aussi bouleversante que celles des hommes et de femmes de
toutes races réunis sur cette vieille Terre Sainte, patrie d'Abraham,
de Mohamed et des autres prophètes des Saintes Ecritures.
Jamais je n'ai été honoré comme ici. Jamais je ne me suis senti
plus humble et plus digne. L'Amérique a besoin de comprendre
l'islam, parce que c'est la seule religion qui ignore le racisme.
Ce pèlerinage m'a obligé à reviser certaines idées qui étaient
miennes, à rejeter certaines conclusions auxquelles j'étais parvenu.
Au cours des onze journées que j'ai passé ici, dans le monde
musulman, j'ai mangé dans le même plat, bu dans le même verre,
dormi dans le même lit (ou sur le même tapis) j'ai prié le même
Dieu que mes coreligionnaires aux yeux les plus bleus, aux cheveux
les plus blonds, à la peau la plus blanche. Dans leurs paroles
comme dans leurs actes, les musulmans "blancs" sont aussi
sincères que les musulmans "noirs" d'Afrique nigériens, soudanais,
ghanéens. Nous sommes véritablement frères. Parce qu'ils
croient en un seul Dieu, ils excluent toutes considérations de race
de leur esprit, de leurs actes, de leurs comportements. J'ai pensé
en les voyant que si les blancs américains admettaient l'Unicité
de Dieu, ils pourraient peut-être admettre l'unicité de l'homme et ils
cesseraient de s'affronter, de nuire à autrui pour des raisons de couleur.
Le racisme étant le véritable cancer de l'Amérique, nos "chrétiens"
blancs devraient se pencher sur la solution islamique du problème;
solution qui a fait ses preuves, et qui pourrait peut-être intervenir à temps
pour sauver l'Amerique d'une catastrophe imminente. Celle-la même
qui s'est abattue sur l'Allemagne raciste et qui a finit par détruire les
Allemands eux-mêmes. Chaque heure passé ici en Terre Sainte m'a
permis de mieux comprendre le problème racial en Amérique. On ne
saurait blâmer le noir pour son agressivité dans ce domaine. Il ne fait
que réagir à quatre siècles de racisme conscient de la part des blancs.
Mais si le racisme américain mène au suicide, je crois que les jeunes
blancs de la nouvelle génération, ceux des universités, verront ce qui
crève les yeux. Je crois que nombre d'entre eux opteront pour la vérité
spirituelle. C'est le seul moyen qu'ait encore l'Amérique d'éviter le désastre."


Malcolm X, avril 1964 :

« Non, je ne me considère pas comme Américain. Je fais partie des 22 millions de Noirs victimes
de l'américanisme, des 22 millions de Noirs victimes de la démocratie, qui n'est qu'un des masques
de l'hypocrisie. Aussi n'est-ce pas en tant qu'Américain, patriote ou agitateur de drapeau que je vous
parle. Non. C'est en tant que victime du système américain. C'est en victime que je porte les yeux sur
l'Amérique. Et ce que j'aperçois, ce n'est pas le rêve américain, mais le cauchemar américain. »


Interview du Pierre Berton Show, le 19 janvier 1965.

Pierre BERTON : Avant de quitter Elijah Muhammad, de vous
rendre à La Mecque et de voir le monde islamique tel qu'il est, vous
croyiez à la nécessité d'une ségrégation totale entre blancs et noirs.
Vous étiez opposé à l'intégration et au mariage interracial. Avez-vous
changé d'opinion sur ce point ? MALCOLM : je crois qu'il faut
reconnaître tout être humain en tant qu'être humain, sans chercher à
savoir s'il est blanc, noir, basané ou rouge ; lorsqu'on envisage l'humanité
comme une seule famille, il ne peut être question d'intégration ni de
mariage interracial : c'est tout simplement un être humain qui en épouse
un autre et qui vit avec lui. Toutefois, je dois le dire, je ne pense pas
que ce soit à un noir qu'il faille demander de défendre son point de vue,
parce que c'est l'homme blanc, à titre collectif, qui s'est montré hostile
à l'intégration, au mariage interracial et à tout ce qui nous rapproche de
l'unité. C'est pourquoi, en tant que noir et surtout en tant que noir des
Etats-Unis, je ne pense pas avoir à défendre un point de vue que je
soutenais auparavant, car il constitue lui aussi une réaction à la société,
une réaction produite par la société ; à mon sens, c'est à la société qui
a produit le point de vue qu'il faut s'en prendre, et non pas à la réaction
à laquelle en viennent les victimes de cette société négative.
BEETON : Mais vous ne croyez plus en l'Etat noir ? MALCOLM : Non.
BERTON : Vous ne croyez plus à l'Etat noir en Amérique du Nord ?
MALCOLM : Non, je crois en une société dans laquelle les hommes
puissent mener une vie d'êtres humains sur un pied d'égalité.

Le diable blanc

« La vérité, pour la résumer en quelques mots, c'était que les Blancs avaient "blanchi"
l'histoire et les livres d'histoire, qu'ils lavaient le cerveau de l'homme noir depuis plusieurs
centaines d'années. Le premier Homme avait été noir, il avait vécu sur un continent qu'on
appelait l'Afrique, où l'espèce humaine était apparue pour la première fois sur la planète.
Le premier Homme, l'homme noir, avait bâti de grands empires et de grandes civilisations,
alors que le Blanc en était encore à habiter les cavernes et à se déplacer à quatre pattes. "Le
diable blanc", à travers toute l'histoire, avait pillé, assassiné, violé, exploité et torturé toutes les
races de couleur. Le trafic de la chair noire était le plus grand crime de toute l'histoire de l'humanité ».

« Le diable blanc avait privé le peuple noir de la connaissance qu'il avait eue de lui-même, de sa
langue, de sa religion, de sa culture passées, à tel point que le Noir américain était le seul peuple
au monde qui ignorât tout de sa personnalité profonde ». (ceci est valable pour tous les Noirs)

« Il lui appris à adorer un dieu étranger, qui avait les cheveux blonds, le visage pâle et les yeux
bleus de son maître...Ce bourrage de crâne était agencé de telle sorte que le " Noir " avait fini
par croire que plus sa peau était polluée par la blancheur du maître, plus il était "supérieur". La
religion chrétienne blanche enseigne encore au Noir qu'il devait tendre l'autre joue, sourire, gratter la
terre, s'incliner, s'humilier, chanter, prier et se contenter des miettes qui tombaient de la table du Blanc ».

« L'Histoire noire de Carter G. Woodson m'apprit l'existence d'empires noirs antérieurs au temps
de l'esclavage et que les Noirs avaient commencé tôt à lutter pour la liberté. Les trois volumes de
Race et sexualité de J.A. Rogers me renseignèrent sur les mélanges de races qui se sont produits
avant Jésus-Christ ; Rogers disait qu'Ésope était un Noir qui racontait des fables ; il parlait des pharaons
d'Égypte, des grands empires chrétiens coptes, de l'Éthiopie, la plus ancienne civilisation noire ininterrompue. »

« En le relisant plusieurs fois (le livre intitulé Découvertes génétiques de Gregor Mendel), je finis par comprendre
comment, en partant d'un homme noir, on peut aboutir à un homme blanc, alors que le contraire est impossible,
parce que le gène blanc est récessif. La conclusion s'impose donc que les premiers hommes étaient noirs. »

« J'appris que depuis le XVIe siècle, les prétendu "marchands chrétiens" sillonnaient les mers à la
recherche d'empires asiatiques et africains, pillant et opprimant Jaunes et Noirs. L'homme blanc n'avait
jamais porté la Croix aux peuples de couleur en toute humilité, dans un esprit authentiquement chrétien. »

« Aujourd'hui l'homme blanc se voit obligé de regarder les choses en face. La vérité africaine se fait jour.
On découvre chaque mois en Afrique noire des outils façonnés qui montrent qu'au temps où les Blancs
habitaient encore dans des grottes, les Noirs avaient de grandes civilisations...Le Blanc a "blanchi"
l'Histoire à tel point que les professeurs noirs américains en savent à peine plus long que les Noirs les
plus incultes sur le génie, les civilisations, les cultures noires d'il y a plusieurs millénaires...C'est un crime que
de mentir à des générations de Noirs. A des enfants noirs, nés de parents qui croient que leur race n'a pas d'histoire. »

« Il faut être très, très prudent en abordant la vérité avec un Noir qui l'ignore totalement...
Nos congénères ont subi un tel lavage de cerveau qu'il se peut que la vérité leur répugne. »

« Parfois mes auditeurs ne voulaient pas me croire avant d'avoir
vérifié que les dires des Blancs concordaient avec les miens. »

« L'homme blanc vous a donné la peur. Petits nourrissons noirs, vous aviez déjà peur de lui. La
peur est sur vous. De tous les ennemis de l'homme, la peur est le plus redoutable. Je sais que
certains d'entre vous ont peur d'apprendre la vérité. Vous avez grandi dans la peur et le mensonge. »

« Le leader noir du coin s'est chargé, afin de conserver sa situation, de rassurer
le Blanc du même coin : "Tout va bien, patron ! Nous dominons la situation, patron !" »

# Posté le jeudi 16 octobre 2008 09:06

Modifié le samedi 18 octobre 2008 06:02

Article 11 - Le Film

Article 11 - Le Film
Bande Annonce ICI

Malcolm X est un film américain de Spike Lee sorti en 1992,
dont le rôle principal est assuré par Denzel Washington.

L'histoire est la vie de Malcolm X. Elle correspond donc à son
autobiographie, depuis son enfance, jusqu'à son assassinat
en passant par son engagement contre la ségrégation raciale.

Le film donne une image positive du personnage, "violent,
insolent, provoquant" (slogan du film) mais convaincu et
convaincant, engagé mais victime d'un mouvement qui ne
le comprend pas et qui, finalement divisé, l'assassine.

Le film présente également sa foi musulmane, à travers son
pèlerinage à La Mecque qui a été la cause d'un changement
dans sa conception du combat à mener pour la reconnaissance
du peuple noir aux États-Unis, revirement qui est à la base de
l'ambiguïté de l'homme incompris mais aujourd'hui devenu icône.

Le film s'achève par les paroles prononcées, après l'assassinat de
Malcolm X, par Martin Luther King. Celui-ci parle de l'assassinat
comme d'une « déplorable tragédie » et, malgré leurs idées parfois
divergentes, reconnaît Malcolm comme « un des espoirs les plus radieux
d'Harlem » et « un afro-américain brave et valeureux, à jamais invaincu »

Durée : 202 minutes (3 h 22)
Denzel Washington : Malcolm X
Angela Bassett : Betty Shabazz
Albert Hall : Baines
Al Freeman, Jr : Elijah Muhammad
Delroy Lindo : Archie
Spike Lee : Shorty

# Posté le vendredi 17 octobre 2008 09:09

Modifié le samedi 18 octobre 2008 06:03

Article 12 - Bibliographie

Article 12 - Bibliographie


Bibliographie


1. Malcolm X, par tous les moyens nécessaires, D. de Roulet - Desmaret Éditions

2. Le pouvoir noir, Malcolm X & G. Breitman - La Découverte.

3. Malcolm : Les Trois Dimensions d'une révolution inachevée, F. Steiger & S. Molla - Éditions L'Harmattan

4. L'autobiographie de Malcolm X, Malcolm X & Alex Haley - Presses Pocket

5. Sur l'histoire afro-américaine, Malcolm X. Editions Aden

6. Malcolm X : Pensez par vous-mêmes. Philippe Godard - Syros Jeunesse

7. Malcolm X, Ultimes Discours - Esprit Frappeur



# Posté le samedi 18 octobre 2008 07:46

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 05:18

Article 13 - Nation Of Islam

Article 13 - Nation Of Islam

Biographie Rapide

Nation of Islam est une organisation politique et religieuse américaine,
à l'origine de la plupart des organisations musulmanes actuelles de la
communauté afro-américaine. Il y aurait en 2007 de 20 à 40 000 membres,
et peut-être une centaine de milliers de sympathisants dans le monde.

Elle a été fondée à Detroit, dans le Nord des États-Unis, en 1930, par Wallace
Fard Muhammad, que la Nation de l'islam pense être le « Messie » attendu
par les musulmans, et même Allah incarné. L'idéologie développée par
l'organisation est un mélange de nationalisme afro-américain et de religion.
Cette dernière est inspirée par l'islam, mais reste éloignée de l'islam orthodoxe.
Elle est considérée comme une secte par la majorité des organisations musulmanes.

Si Wallace Fard Muhammad est bien son créateur, c'est son successeur
Elijah Muhammad qui, entre 1934 et 1975, lui a donné son orientation, son
organisation et sa puissance. Malcolm X a été l'une des figures les plus en
vue de l'organisation, jusqu'à sa rupture avec celle-ci, dont il dénonce le
racisme au retour d'un pèlerinage salutaire à La Mecque effectué en 1964.

Nation of Islam se transforme officiellement en mouvement musulman sunnite
peu après la mort d'Elijah Muhammad, en 1975. Un groupe de militants refusant
cette orientation quitte l'organisation en 1978, et reprend le nom de Nation of Islam,
qui venait d'être abandonné par l'organisation mère. Fidèle à l'idéologie des origines,
malgré certaines évolutions, la « nouvelle » NoI est dirigée depuis la scission de
1978 par Louis Farrakhan. Celui-ci est au début du XXIe siècle un leader en vue de
la communauté afro-américaine. Son discours communautaire, insistant sur la nécessité
pour les Noirs de faire des études, de développer leur statut socio-économique et de
lutter contre la délinquance a une influence qui dépasse largement les cercles religieux
de la NoI. Ses discours ambigus, plus ou moins hostiles aux Blancs et aux Juifs ont
cependant créé de nombreuses polémiques autour de lui, tout comme sa complicité
" en mot " - comme il la décrit lui même - dans le meurtre de feu Malcolm X.


Idéologie

X L'islam est la véritable religion de l'homme noir, et est réservée aux Noirs, et en théorie
aux autres populations « de couleur ». Selon un discours d'Elijah Muhammad : « vous pouvez
facilement les distinguer [les Blancs] de nos peuples (foncé, brun, jaune ou rouge) ».

X Les Blancs sont une race inférieure, créée par un scientifique noir, du nom de Yakub, il y a
6 000 ans. Ils sont les représentants du diable sur la terre, mais les prophéties annoncent la
fin de leur règne. « L'homme noir a produit ces quatre couleurs : brun, rouge, jaune et blanc
[...] l'homme noir, pourtant, est le créateur de tous [...] Maintenant, le grand Mahdi (Dieu en
personne) avec sa sagesse, connaissance et compréhension infinies, va remettre l'homme
noir originel dans la situation originelle ou il était au commencement, le Dieu et le gouverneur
de l'univers ». « Nous avons vu la race blanche (démons) dans le ciel, parmi les justes, causant
des troubles [...], jusqu'à ce qu'ils aient été découverts. [...] Ils ont été punis en étant privé des
conseils divins [...] presque ravalés au rang des bêtes sauvages. [...] sautant d'arbre en arbre.
Les singes en procèdent. [...] Avant eux, il n'y avait rien comme les singes et les cochons ».

X Les mariages inter-raciaux sont interdits : « Nous croyons que les
mariages mixtes ou le mélange des races devraient être interdits »

X Dieu n'est pas un esprit, car « nous vivons dans un univers matériel », et de ce fait « Dieu est
un homme ». « Dieu doit être un homme, et non un spectre ». En réalité, « il y avait Dieu au
commencement qui a créé toutes ces choses et nous savons qu'il n'existe pas aujourd'hui,
mais nous savons encore que de ce Dieu, la personne de Dieu a persisté jusqu'à aujourd'hui
dans son peuple [les Noirs], et aujourd'hui un être suprême est apparu parmi nous avec la même
sagesse infinie pour provoquer un changement complet ». « Allah est venu à nous de la ville sainte
de la Mecque, Arabie, en 1930. Il a employé le nom de Wallace D. Fard ». Pour les musulmans
orthodoxes, cette disparition du Dieu créateur des origines, et son remplacement par un Dieu collectif
racial dont émerge un Dieu/homme supérieur est inacceptable. Ainsi, par exemple, d'après le Coran
(33:40) « Muhammad [est] le messager de Dieu, et le dernier des prophètes ». Toute personne
prétendant être un prophète depuis la mort de Muhammad est donc par définition toujours considérée
comme un faux prophète par l'islam orthodoxe, a fortiori s'il se proclame Dieu en personne.

X Nous croyons à la résurrection des morts - pas en la
résurrection physique - mais la résurrection de l'esprit ». Les orthodoxies sunnites
et chiites affirment par contre une résurrection physique des morts avant le Jugement dernier.

X La consommation de porc est interdite, conformément à l'enseignement de
l'islam. La NoI insiste aussi sur le respect des cinq Piliers de l'islam. La consommation de drogue,
mais aussi de tabac et d'alcool est déconsidérée, en accord avec la vision musulmane traditionnelle.

X « La religion, particulièrement le christianisme, a enseigné partout
le mensonge selon lequel nous étions les descendants de Kham [un des fils de
Noé] condamné, lui et ses descendants, à être esclaves des Blancs »,. La religion
des Blancs, le christianisme, est la religion de l'esclavage et du mal. L'islam orthodoxe
admet par contre dans une certaine mesure la validité du christianisme. On note
cependant que sous la direction de Louis Farrakhan, le discours s'est en partie
infléchit. Si le christianisme reste responsable de l'esclavage, il est admis qu'il est
porteur d'une certaine valeur s'il se libère de son racisme historique : « À mes frères
et s½urs Chrétiens qui sont présents, Jésus n'était pas un accident. Jésus était un
homme reconnaissant envers son Père. Il était un homme tellement en accord avec
Dieu, il est tellement resté dans la lumière de son Père qu'il est devenu la lumière du
monde ». Tout comme dans l'islam, l'acceptation du christianisme existe aujourd'hui
partiellement. La thématique est cependant différente. L'islam critique la déification de
Jésus, quand la Nation de l'islamcritique surtout le racisme du christianisme ayant permis
l'esclavage.Il y a enfin certaines influences chrétiennes. Les lieux de culte sont à l'origine
appelés des temples. Les ministres du culte sont appelés « ministers », et non imam.

# Posté le dimanche 07 décembre 2008 07:40